Seat

Seat est le seul constructeur espagnol. Basée à Barcelone, l’entreprise fait partie du groupe Volkswagen qui veut la réorienter vers le haut-de-gamme alors que la marque ibérique possède une image populaire. Née sous Franco, elle a longtemps été un clone de Fiat avec des autos grand public.

● Hispano-Suiza. A la différence des autres pays européens, l’Espagne n’a eu qu’un rôle secondaire dans l’histoire de l’automobile. Il y a un siècle, la marque ibérico-helvète Hispano-Suiza (1904-1938) et Fiat Hispaña, une filiale de Fiat qui exerça en Espagne entre 1919 et 1939, faisaient figure d’exceptions dans une industrie balbutiante. La guerre civile et la victoire du franquisme en 1938 mirent fin aux ambitions espagnoles, Fiat se retira de la péninsule et Hispano-Suiza se tourna vers la production de camions.

● SEAT. En 1950, désireux de développer une production nationale, l’Etat franquiste crée la S.E.A.T., Sociedad Española de Automóviles de Turismo. Propriété d’un groupe de banques espagnoles, elle fait ses débuts dans le giron de Fiat qui possède 7 % de son capital. Son rôle est de fabriquer des Fiat sous licence pour un marché espagnol sous-développé, parent pauvre de l’Europe. L’union Fiat-Seat va durer plus de trois décennies.

● Fiat espagnoles. La Seat 600, version ibérique de la Fiat 600, est lancée en 1957. Dans ce pays sous-équipé, c’est un énorme succès populaire. 800 000 exemplaires sont fabriqués entre 1957 et 1973. Quinze ans après son lancement, un quart des autos circulant en Espagne sont des Seat 600. En 1969, le constructeur sort son millionième véhicule. Dans la foulée de la 600, suivent la 124, la 127, la Panda et la Ritmo, autant de Fiat à la mode espagnole.

● Protectionnisme. Sous Franco, le marché local était protégé, il y avait peu d’importations, les autos devaient être fabriquées sur place. A la mort du dictateur, le pays s’ouvre aux productions étrangères et l’Etat espagnol décide de céder ses parts dans Seat. Libérée de la tutelle étatique, l’entreprise s’avère déficitaire et emploie trop de personnel. A son tour, Fiat se retire. En 1984, VW arrive et reprend 50 % des parts avec l’aide du gouvernement qui éponge les dettes de la société.

● Ibiza. Avec l’arrivée de Volkswagen, ce nouveau départ est marqué en 1984 par la sortie de la Seat Ibiza, une citadine rivale de la R5 et de la 205. D’un projet de relooking de la Golf par Giugiaro refusé par VW, Seat a fait un remix de la Fiat Ritmo. Equipée d’un moteur Porsche, l’Ibiza affiche ses ambitions dans toute l’Europe. En 1993, apparait la version II, cousine de la Polo. Entre temps, VW qui a acquis 75% du capital inaugure l’usine ultramoderne de Martorell à Barcelone (10 M véhicules produits en 25 ans).

● Villes. Depuis l’apparition des Malaga et des Marbella, Seat dessine une carte de l’Espagne dans le monde de l’automobile. La plupart de ses modèles portent des noms de villes espagnoles. Leon, Cordoba, Ibiza, Toledo, Alhambra sont les plus connues. Ateca est une petite cité de la région de Saragosse, Ronda la capitale de la tauromachie, Arona une station balnéaire des Canaries, Tarraco l’ancien nom de Tarragone… Seule l’Exeo, la berline haut de gamme de la marque, n’est pas liée à une ville. Son nom est tiré du latin et signifie se dépasser.

● Sport. Cupra, la version sportive des Seat, est devenue une marque à part entière en 2018 avec la sortie de la Cupra Ateca, un SUV survitaminé de 300 cv. Cupra a pris le relais de Seat Sport, la branche compétition qui fit courir des Cordoba WRC en rallyes entre 1998 et 2001 (meilleurs résultats : Harri Rovanperä 3e au RAC 1999, Toni Gardemeister 3e en Nouvelle-Zélande 1999, Didier Auriol 3e au Safari 2000) et la Leon WTCC dans le championnat du monde des voitures de tourisme (championne en 2008 et 2009).

● Haut de gamme. En 2019, avec 542 800 véhicules, Seat a battu son record de ventes mondiales, en hausse de 10,8 % par rapport à l’année précédente. Le précédent record datait de 2018, ce qui permet à la marque décidément en verve d’enregistrer une croissance à deux chiffres. Cela encourage le groupe VW à la pousser vers le haut-de-gamme avec des SUV sportifs et des véhicules électriques. Pour changer son image, il serait même envisagé de remplacer le nom Seat par Cupra…