Kia

Comme son compatriote Hyundai, le Coréen Kia est un constructeur qui monte sur le marché français. Pour la quatrième année consécutive, il a battu son record de ventes avec la citadine Picanto, le SUV Sportage, la berline Ceed et le nouveau SUV e-Niro, déjà au cinquième rang des ventes de véhicules électriques. La gamme Kia bénéficie d’une garantie constructeur de 7 ans.

● Récup. En 1944, dans un pays sous-développé, Kim Chul Ho, entrepreneur coréen formé au Japon, crée Kyungsung Precision Industry, fabricant de tubes métalliques et de pièces détachées. Malgré les restrictions dues à la guerre de Corée qui ruine le pays, Kim Chul Ho réussit à développer son affaire et à produire la première bicyclette coréenne avec les moyens du bord. La légende raconte que pour fabriquer ses premiers vélos, il a recyclé des bidons d’huile et des câbles métalliques.

● Ambitions mondiales. Ces débuts modestes ne doivent pas faire oublier la principale caractéristique de Kia : une ambition démesurée ! Au lancement de sa première bicyclette en 1952, Kim Chul Ho change le nom de son entreprise qui est rebaptisée Kia. Cet acronyme signifie « L’Asie se révèle au monde » (A pour Asie, Ki pour le reste). Le logo de Kia est basique : le nom entouré d’un simple cercle rouge censé représenter le soleil et le globe terrestre. Il marque l’ambition mondiale de la marque.

● Asia Motors. Après les vélos, Kia se lance dans les scooters et les motos. Au début des années 60, l’entreprise adapte un triporteur japonais conçu par Mazda, puis fabrique de petits camions très demandés sur le marché coréen en plein développement. Sous le nom d’Asia Motors, Kia assemble sous licence des Fiat 124 et 132, et plus étonnant des Peugeot 604. Selon le site Carjager, entre 1979 et 1981, Kia produisit 681 exemplaires d’une 604 coréenne.

● Copies coréennes. Dans les années 80, Kia rivalise avec son grand concurrent Hyundai. Les deux constructeurs se partagent le marché dans une Corée protectionniste en plein boom économique. Hyundai se réserve le haut-de-gamme, Kia les voitures populaires. En 1986 apparait la Pride, premier modèle de grande série créé avec l’aide de Ford et de Mazda. Cette citadine est un mix de la Ford Fiesta et de la Mazda 121. L’année suivante, sort la Concord, une berline inspirée de la Mazda 626. Moins chères que la concurrence, elles commencent à être exportées en Amérique et en Asie.

● Fusion. La grave crise économique qui touche l’Asie à la fin des années 90 a failli être fatale à Kia, qui échappe à la banqueroute grâce au gouvernement coréen. L’Etat encourage Hyundai à absorber son rival pour le sauver. En 1998, les deux marques fusionnent et font désormais partie du même groupe. Hyundai et Kia réunis constituent le quatrième groupe automobile mondial. Une situation inimaginable il y a cinquante ans, puisque ces deux constructeurs n’avaient pas encore commencé à produire leurs propres véhicules.

● Design. Pour séduire les automobilistes du vieux continent, Kia s’est installé en Allemagne en 1995. La branche européenne de Kia Motors est basée à Francfort où elle possède depuis 2007 un bureau de style ultra dynamique et innovant. Les designers qui imaginent les Kia européennes raflent chaque année les prix les plus prestigieux aux IF Design Awards. Depuis 2009, les différents modèles créés à Francfort ont remporté 25 prix Red Hot Design. Une manière de rivaliser avec les constructeurs allemands haut de gamme en les affrontant sur leur terrain de prédilection, celui du style.

● Ballon rond et balle jaune. Kia mise sur le foot pour se faire connaître. Après avoir sponsorisé pendant dix ans les Girondins de Bordeaux, le constructeur coréen a changé de tactique et a décidé d’investir massivement dans le ballon rond. Depuis 2007, Kia est partenaire officiel de la FIFA sur les grandes compétitions (Coupe du Monde, Europa League, Foot féminin). Il ne délaisse pas pour autant les autres sports comme le tennis. Rafael Nadal est ambassadeur de la marque de longue date.

● De Niro. Pour le lancement de son SUV électrique fin 2018, le e-Niro, Kia a fait fort en engageant Robert De Niro. Ambassadeur de la marque à travers une série de spots publicitaires humoristiques, l’acteur le mieux payé au monde (58 M € de gains en 2019) a trouvé là un moyen lucratif pour continuer à être présent sur les écrans alors qu’il a annoncé l’arrêt de sa carrière. Ce coup de pouce hollywoodien a été bénéfique au e-Niro, qui est devenu le cinquième modèle électrique le plus vendu en France avec 2000 exemplaires en 2019.

● Priorité à l’électrique. Avec sept nouveaux véhicules 100 % électriques lancés d’ici 2027, Kia vise 20 % du marché européen dans cinq ans. La marque a fait de l’électrique son cheval de bataille. Un choix osé qui est une nouvelle façon de se démarquer et de prendre de vitesse des concurrents plus frileux.