Hyundai

En Corée, le groupe Hyundai emploie plus de 200 000 personnes. Le premier constructeur automobile coréen a eu 50 ans en 2017. Un demi-siècle de succès pour une entreprise qui est aussi grande que Samsung dans son pays natal et qui est devenue le 4e constructeur mondial, même si elle ne vend que 40 000 véhicules par an en France.

● Self made man. L’histoire de Hyundai c’est d’abord la success story d’un self made man, un fils de paysan du nord de la Corée qui quitta la ferme familiale pour aller chercher fortune à Séoul. Chung Ju-Yung (1915-2001) était un autodidacte, un entrepreneur audacieux parti de rien qui constitua un groupe industriel puissant. Il construisit des routes, des ponts, des barrages, des centrales nucléaires, des bateaux, des ports et des chemins de fer, avant de créer l’industrie automobile coréenne. Décédé il y a près de vingt ans, Monsieur Chung fut le président des JO de Séoul en 1988 et se présenta aux élections présidentielles en 1992 (sans être élu).

● BTP. En 1947, après la guerre qui aboutit à la scission de la Corée en deux états ennemis, le pays était à reconstruire. Chung Ju-Yung créa Hyundai Civil Works, un conglomérat du BTP, puis Hyundai Construction Company et Hyundai Heavy Industries. En 1967 ce fut au tour de Hyundai Motor Company, une société automobile dirigée par George Turnbull, un ancien de British Leyland, qui démarra par la construction d’une usine à Pusan.

● Modernité. Hyundai signifie Modernité en coréen. La philosophie de l’entreprise est basée sur la devise de son créateur : « Qui ne tente rien n’a rien ». Vous pensez que le logo de Hyundai (on prononce yune’dé) représente un H stylisé ? Ce n’est pas faux, mais cela pourrait également être deux personnages se serrant la main, le client et son fournisseur, symbole de la confiance que l’entreprise doit inspirer.

● Ford coréennes. A la fin des années 60, Hyundai fait ses premiers pas dans l’industrie automobile en partenariat avec Ford. Le groupe sud-coréen travaille avec le constructeur américain depuis 1953. Hyundai commence par assembler des Ford Cortina et des Ford 20M destinées au marché local. Pendant sept ans, les Coréens apprennent le métier avant de voler de leurs propres ailes.

● Pony. La première automobile coréenne, la Pony surnommée « Voiture de la nation » sort des chaines en 1975. Elle a été dessinée par Giugiaro. Elle est fabriquée à 90% en Corée, mais elle a été inspirée par un modèle de British Leyland que George Turnbull avait apporté dans ses bagages. Hyundai exporte la Pony Excel en Equateur et au Canada, où en 1984 elle fait un carton, car elle est beaucoup moins chère que ses concurrentes. L’année suivante, elle conquiert le marché américain et devient le modèle étranger le plus vendu aux USA suscitant la colère de Ford et General Motors.

● Expansion. Passé de 0 à 400 000 véhicules/an en l’espace de dix ans, Hyundai connait un développement tous azimuts dans les années 1980. Lancée en 1988, la Sonata devient le premier modèle de la marque à atteindre le million d’exemplaires. L’Elantra en est aujourd’hui à 8,6 M d’unités vendues en trente ans d’existence. En 1996, le coupé sportif Tiburon remporte la course de côte de Pikes Peak. En 1999, Hyundai absorbe son concurrent Kia en difficulté et débarque sur le marché des SUV avec le Santa Fe puis le Tucson.

● 50 ans. En moins d’un demi-siècle d’existence, Hyundai Motor Group s’est fait une place parmi les grands. Depuis 2010, il fait partie des quatre premiers constructeurs mondiaux derrière Ford, Toyota et Volkswagen. Implantée en France depuis 2012 où ses modèles sont distribués depuis 1992, la marque coréenne vient de connaître cinq années consécutives de progression. L’an dernier, Hyundai a vendu 40 000 véhicules sur le marché hexagonal, dont 15% d’électriques.

● Gamme. Hyundai est passé à l’offensive sur le marché européen en 2007 avec le lancement de la gamme i, des autos destinées aux automobilistes occidentaux. Le « i » signifie innovation-inspiration-intelligence. La i30 est sortie en 2007, ses petites sœurs citadines i10 et i20 sont arrivées l’année suivante, puis le SUV iOniq en 2016. Le constructeur coréen développe des modèles spécifiques pour chaque région du globe. Ainsi l’Eon est une microcar pour les Indiens, la HB20 une familiale et un SUV pour le Brésil et la Mistra une berline pour les Chinois.

● Allez Loeb et l’OL. Partenaire des grands événements de course à pied et sponsor de la championne olympique de ski de bosses Perrine Laffont, Hyundai pose ses jalons dans le foot français en étant depuis sept ans le sponsor principal de l’Olympique Lyonnais, mais c’est en rallyes que la marque est la plus offensive. Hyundai Motorsport a été créé fin 2012 pour faire courir la i20 en championnat du monde. Elle a remporté sa première victoire au rallye d’Allemagne 2014 et a enlevé le titre de champion du monde des constructeurs en 2019. Mais son plus beau coup médiatique est l’engagement du jeune retraité Sébastien Loeb comme troisième pilote en 2020.

● Pile à combustible. Leader mondial de la pile à hydrogène, Hyundai a été le premier constructeur à produire un véhicule de série équipé d’un moteur électrique alimenté par une pile à combustible. C’était en 2013 avec le Tucson ix35 Fuel Cell. En novembre 2019, au volant d’un SUV Hyundai Nexo, le Suisse Bertrand Piccard (Solar Impulse) a battu le record du monde de distance avec un véhicule à hydrogène : 778 km en une seule charge. Hyundai prévoit de produire 500 000 véhicules de ce type d’ici 2030. En 2025, sa gamme devrait comporter 18 modèles fonctionnant à l’hydrogène.

● Vaches. En 1943, quand Chung Ju-Yung quitta la ferme familiale pour aller à Séoul, son père avait vendu une vache pour financer son voyage. Cinquante-cinq ans plus tard, le big boss de Hyundai devenu l’homme le plus riche de Corée envoya un troupeau de 1001 vaches en Corée du Nord. La 1001e était destinée à rembourser son père.