Alfa Romeo

La classe et le panache des sportives italiennes continuent de nous faire rêver. Les coupés élégants signés Bertone et Pininfarina font partie de l’imaginaire automobile grâce à des marques comme Alfa Romeo. Aujourd’hui, avec le projet de fusion entre Fiat et Peugeot, l’avenir du constructeur milanais apparait incertain, même si son passé centenaire est prestigieux.

  • Darracq. A l’origine, il y avait une entreprise française, celle du constructeur automobile Alexandre Darracq. En 1906, Darracq crée une filiale à Naples pour assembler ses voitures sur place. L’opération tourne court et en 1910 un groupe d’investisseurs milanais reprend la société qui devient ALFA, acronyme de Société anonyme de construction automobile de Lombardie, et s’installe à Milan.
  • Nicola Romeo. En 1915, nouvelles difficultés. ALFA en faillite est rachetée par l’ingénieur Nicola Romeo, qui y accole son nom et devient fournisseur de moteurs et de camions pour l’armée italienne. En 1928, en pleine crise économique, Nicola Romeo quitte l’entreprise qu’il a développée et se lance en politique. Sénateur du parti fasciste de Mussolini, il mourra en 1938.
  • Quadrifoglio verde. Les premières Alfa civiles se font connaitre des automobilistes italiens en gagnant des courses dans les années 20. En 1923, trois Alfa Romeo RL dominent la Targa Florio, plus grande épreuve de l’époque. La carrosserie de la voiture du vainqueur Ugo Sivocci est décorée d’un trèfle à quatre feuilles. Le quadrifolio verde va être le symbole porte-bonheur des Alfa de course. C’est le début d’une longue série de succès. De 1931 à 1934, Alfa Romeo remporte quatre victoires consécutives aux 24H du Mans. C’est le premier constructeur italien à s’y imposer. Les Milanaises légères et racées deviennent synonyme de sport auto.
  • Scuderia Ferrari. Pilote automobile et concessionnaire Alfa Romeo à Modène, Enzo Ferrari crée en 1929 une écurie de course qui va devenir l’équipe officielle de la marque en grands prix. En 1938, la Scuderia Ferrari est reprise par l’usine qui la rebaptise Alfa Corse. Un an plus tard, Enzo Ferrari reprend son indépendance et décide de construire ses propres autos, mais c’est une autre histoire.
  • Formule 1. Alfa Romeo a marqué l’histoire de la F1 en gagnant les deux premières éditions du championnat du monde en 1950 et 1951. En 1950, la monoplace 158 remporte six grands prix sur sept. Farina, Fangio et Fagioli terminent la saison aux trois premières places. L’année suivante, Alfa s’impose à nouveau, cette fois avec Fangio au volant de la 159, puis se retire de la compétition, laissant le champ libre à Ferrari. Le constructeur reviendra en F1 de 1979 à 1985, sans retrouver le même niveau de résultats. Début 2019, l’écurie Sauber F1 est devenue Alfa Romeo Racing.
  • Giulietta. A partir de 1952, Alfa Romeo a sa Juliette. La Giulietta est la quintessence du caractère sportif italien des années 50, une auto racée, rapide et bénéficiant d’une excellente tenue de route. C’est le premier modèle de la marque à dépasser les 100 000 exemplaires. A partir de 1962, la Giulietta va être remplacée peu à peu par la Giulia, qui reprend la même base et est fabriquée dans la grande usine d’Arese au nord de Milan. La Giulia a longtemps équipé la police et les carabiniers italiens.
  • Serpent. L’aviez-vous remarqué ? Le logo Alfa Romeo, inchangé depuis les années 20, représente un serpent à tête de dragon en train de dévorer un enfant. Le « biscione» (la vouivre) est tiré du blason de la famille Visconti, qui régnait autrefois sur le duché de Milan. On retrouve le biscione sur les logos de l’Inter de Milan et de Fininvest, la holding de Berlusconi. La partie gauche du logo Alfa Romeo représente le symbole de la ville de Milan, une croix rouge sur fond blanc.
  • Nissan et Fiat. Dans les années 80, à la recherche d’un second souffle, Alfa Romeo s’associe avec Nissan. De cette union nait l’Alfa Romeo Arna. Cette jumelle de la Nissan Cherry à la ligne pataude et dépassée n’a rien d’une Alfa. Une trahison pour les alfistes passionnés. C’est un échec cuisant dont Alfa va faire les frais. En 1986, Fiat rachète la marque qui vient de célébrer son 75e anniversaire avec le lancement de l’Alfa 75.
  • Fiat. Depuis 1986, Alfa Romeo fait partie du groupe Fiat, devenu FCA Fiat-Chrysler en 2014. Comme Lancia et Maserati, la marque milanaise s’est fondue dans la nébuleuse Fiat tout en conservant son identité sportive. Le musée historique qui lui est consacré est incontournable pour les fans. Il se situe via Alfa Romeo à Arese, au nord-ouest de Milan, sur le site de l’usine qui produisait les Giulia. Plus d’une centaine de véhicules retracent une saga riche en coups d’éclat.
  • Lauréat. Avec le rapprochement Fiat-PSA, quel avenir pour Alfa Romeo ? Les projets annoncés à l’automne 2019 indiquent un changement stratégique. Les coupés sportifs, l’ADN d’Alfa, sont mis de côté. Priorité aux SUV et à l’électrique pour séduire une clientèle nord-américaine. Il est loin le temps où Dustin Hoffman, héros du film Le Lauréat, emmenait sa dulcinée dans un Spider Alfa Romeo. C’était en 1967 et ce modèle fut le dernier dessiné par « Pinin » Farina en personne.