Audi

En 2009, Audi a fêté son centenaire. Née au début du siècle dernier, la marque aux anneaux a connu une histoire mouvementée. Née Horch, elle a traversé les guerres et les crises, a été absorbée, puis a disparu, avant de renaître et de connaitre à nouveau le succès.

  • Horch. Avant Audi, il y eut August Horch, ingénieur chez Carl Benz. En 1899, cet entrepreneur ambitieux décide de lancer sa propre marque. Rapidement ses autos puissantes et fiables remportent des courses et l’entreprise grossit. La réussite des Horch aiguise les convoitises. En 1909, August Horch est victime d’un putsch et dépossédé de sa création par ses propres collaborateurs.
  • Ecoute. Poussé vers la sortie de l’entreprise qui porte son nom, August Horch crée une société concurrente. Vu qu’il ne peut plus utiliser son propre patronyme devenu la propriété de ses adversaires, il le traduit en latin (en allemand, horchen signifie écouter ou entendre). Cela donne audi (écoute). Le tour est joué. Le nouveau constructeur s’appellera donc Audi et repart sur les chapeaux de roues dès 1909 en produisant de luxueuses voitures sportives qui brillent sur les routes des Alpes.
  • Auto Union. La crise économique de 1929 fragilise les petits constructeurs automobiles allemands qui sont obligés de se regrouper pour survivre. Audi, DKW et Wanderer fusionnent, ironie du sort, avec Horch et donnent naissance à Auto Union, deuxième groupe automobile allemand derrière Mercedes-Benz. Dans les années 1930, les monoplaces Auto Union vont briller sur les circuits d’Europe portant les couleurs du Reich triomphant.
  • Anneaux. Audi a conservé le logo d’Auto Union de 1932, dont les quatre anneaux entrelacés représentaient les quatre marques associées, aujourd’hui disparues. Le slogan Vorsprung durch Technik (L’avance par la technologie) créé par le service marketing d’Audi-NSU en 1971 personnifie la qualité allemande. Avant de symboliser la marque depuis un demi-siècle, cette devise fut utilisée à l’origine par NSU.
  • Renaissance. Après la guerre, Auto Union moribond est racheté par Mercedes. Audi dont les installations situées en RDA sont détruites disparait… jusqu’en 1964, quand VW se porte acquéreur de DKW seul survivant de l’Union et de NSU, autre constructeur allemand en difficulté. Volkswagen fusionne les deux entités et décide d’en faire un constructeur haut de gamme. Cette nouvelle marque s’appellera Audi et sera basée à Ingolstadt en Bavière, où DKW produisait des motos.
  • Ingolstadt. Située au bord du Danube, entre Nuremberg et Munich, Ingolstadt était une ville de garnison où Charles de Gaulle fut emprisonné pendant la Première Guerre mondiale. C’est aussi la ville natale du personnage fictif de Frankenstein. Depuis un demi-siècle, Ingolstadt est devenue Audi City avec le siège social de l’entreprise, 44 000 employés, l’usine qui produit les Q2, A3, A4 et A5, et le Audi Museum qui retrace l’histoire de la marque depuis sa création en 1909.
  • Quattro. Si Audi n’est pas le créateur de la traction intégrale permanente -Subaru en avait équipé un de ses modèles dès le début des années 1970- il est celui qui en a fait la notoriété grâce au coupé Quattro Sport. Grâce à ses quatre roues motrices et son moteur turbocompressé de 360 CV, la Quattro devient la reine des rallyes en 1982 et remporte à nouveau le championnat deux ans plus tard. Personne n’a oublié les exploits de Hannu Mikkola (champion du monde 1983) et Stig Blomqvist (champion du monde 1984). Avec l’arrêt du Groupe B, Audi se tourne vers le DTM, spectaculaire championnat allemand de voitures de tourisme, et remporte sept titres entre 2004 et 2019.
  • Le Mans. Branche haut de gamme du groupe Volkswagen, Audi se tourne vers les Sport Prototypes et domine les 24 Heures du Mans de 2000 à 2014 en s’y imposant treize fois. En 2006, l’Audi R10 TDI a été la première voiture équipée d’un moteur Diesel à remporter l’épreuve. En 2010, les R5 TDI y réalisent un triplé alors que les Peugeot favorites abandonnent les unes après les autres.
  • e-Tron. En découvrant le nom de la première Audi 100% électrique à l’été 2018, les automobilistes francophones ont cru à une blague de mauvais goût. La dénomination e-tron n’est pourtant pas nouvelle chez le constructeur allemand. Les Audi victorieuses au Mans en 2009 portaient déjà ce nom. Le SUV e-tron équipé de deux moteurs électriques à 400 km d’autonomie produit en Belgique préfigure la nouvelle stratégie de la marque qui vise 1/3 de ventes de véhicules électriques en 2025.