Fiat

Pionnier de l’histoire automobile, Fiat fait partie des constructeurs centenaires, ceux qui sont nés au XIXe siècle. Après des décennies d’expansion internationale, le géant italien a traversé une période difficile. Malgré le succès de la Fiat 500, son avenir parait incertain.

 

  • Trente associés. Le 1er juillet 1899, à Turin, un groupe de trente investisseurs créent la FIAT (Fabrique Internationale d’Automobiles de Turin). Parmi eux, de futurs grands noms de l’industrie italienne, les ancêtres du designer Pininfarina ou du top model Carla Bruni, mais aussi le futur créateur de Lancia, ainsi que Giovanni Agnelli, 33 ans, héritier d’une grande famille piémontaise. Trois ans plus tard, Agnelli prend la tête de l’entreprise.
  • Sur terre, sur mer et dans les airs. Plutôt que de mettre au point son premier modèle, Fiat achète à un constructeur concurrent les plans et brevets d’une automobile déjà prête et en lance la fabrication. La production de la Fiat 3 ½ HP ne comptera que 16 exemplaires, mais c’est le début d’une frénésie de développement tous-azimuts. A l’aube de la Première Guerre mondiale, Fiat fabrique des autos, des camions, des bus, des locomotives, des moteurs d’avions et des tracteurs et commence à se développer hors d’Italie en créant une filiale aux Etats-Unis. En 1914, l’entreprise emploie 4000 personnes ; en 1918, il y en a dix fois plus.
  • Lingotto. Pour Fiat, Giovanni Agnelli est un entrepreneur ambitieux et pressé. En 1916, dans la banlieue de Turin, il lance le chantier d’une usine unique en son genre : le Lingotto (lingot, en italien), un bâtiment de 500 m de long, de cinq étages, avec une piste d’essais installée sur le toit. De 1922 à 1982, le Lingotto est l’usine-phare du groupe Fiat. On y produit notamment la Fiat 500 et la Lancia Delta. Depuis 1992, le site du Lingotto réaménagé par l’architecte Renzo Piano, accueille la Foire de Turin, un centre commercial, des hôtels, le musée Fiat et la direction du groupe.
  • Juventus. En 1923, Agnelli rachète la Juventus de Turin et en fait le plus grand club de football d’Italie. Depuis sa création en 1897, la Vieille Dame a remporté 35 titres de champion d’Italie, 13 Coupes nationales et 2 Ligues des Champions. En 2019, la Juve est devenue championne d’Italie pour la 8e saison consécutive. Elle est sponsorisée par Jeep, une des marques du groupe Fiat, et est présidée par Andrea Agnelli, arrière-petit-fils du fondateur.
  • Topolino. En 1930, Benito Mussolini demande à Fiat une petite voiture accessible à tous pour 5000 Lires (équivalent du salaire annuel d’un ouvrier italien). Sans enthousiasme, Agnelli demande à ses équipes de concevoir ce qui va devenir la Fiat 500. Baptisée Topolino (Petite Souris, le surnom de Mickey en Italie) à sa sortie en 1936, elle est un tel succès qu’Hitler s’en inspirera pour lancer l’idée de la Volkswagen, la voiture du peuple du Troisième Reich. Produite jusqu’en 1975 à près de 5 millions d’exemplaires, la Fiat 500 est réapparue en 2007, à l’occasion du 50e anniversaire du modèle d’origine, dans une version vintage fabriquée à plus de 2 millions d’unités.
  • Miracle à l’italienne. Après la guerre, l’Italie connait un essor économique sans précédent et Fiat en est le fer de lance. A la fin des années 1950, 230 000 personnes travaillent pour les différentes branches du groupe, qui poursuit à l’étranger son expansion entamée dans les années 1930. Après avoir créé Simca en France et racheté NSU en Allemagne, la nébuleuse s’enrichit avec l’apparition de Zastava en Yougoslavie, Seat en Espagne, Lada en URSS, FSO-Polski en Pologne et même Kia en Corée du Sud.
  • Compétition. Au début du XXe siècle, pilotes émérites, Giovanni Agnelli et son ami Vincenzo Lancia font briller les Fiat en gagnant des courses automobiles. Dans les années 1970-80, Fiat (3 titres) et Lancia (10 titres) s’illustrent dans le championnat du monde des rallyes avec la Fiat 131 Abarth et les Lancia Stratos, 037 et Delta. A partir de 1969, en devenant actionnaire puis propriétaire de la Scuderia Ferrari, Fiat s’affirme comme un acteur majeur de la Formule 1. Sous son aile, Ferrari remporte 14 de ses 16 titres Constructeurs avec des pilotes comme Niki Lauda et Michaël Schumacher.
  • Le déclin. Malgré ses succès en compétition, Fiat souffre d’une mauvaise image. Dans les années 1980, ses autos sont réputées peu fiables et font pâle figure face à la concurrence. La marque, qui contrôlait plus de la moitié du marché italien, n’en représentait plus qu’un tiers au début des années 2000. L’an dernier, Fiat a atteint en Italie son niveau le plus bas depuis 60 ans, même s’il est toujours en tête des ventes avec la Panda. En 2017, la marque a vendu 1,5 million de véhicules dans le monde, les deux tiers en Europe, où elle représente 5% du marché.
  • Fiat Chrysler Automobiles. Ferrari, Alfa Romeo, Lancia, Autobianchi, Maserati, Chrysler, Jeep et Iveco sont quelques-unes des marques rachetées par Fiat depuis un demi-siècle. Engagée au début des années 2000, une réorganisation en profondeur a permis de restructurer le groupe. Chrysler en faillite est passé dans le giron du constructeur italien en 2014. Depuis cette date, le groupe Fiat est devenu FCA (Fiat Chrysler Automobiles). Si FCA se porte plutôt bien, le leadership de la marque turinoise au sein du groupe qui porte son nom reste incertain.