Un pneu au pissenlit

Ça a l’air farfelu, le projet est pourtant très sérieux. Continental va fabriquer des pneus à base de racines de pissenlit.

Il y a deux ans, les travaux des chercheurs de l’équipementier allemand Continental ont été récompensés par les Innovation Award et Green Award. Le but de leurs recherches démarrées en 2011 : trouver un substitut au caoutchouc pour la fabrication des pneumatiques. Contre toute attente, leur choix s’est porté sur le pissenlit, plus précisément sur la racine de cette plante qui contient du latex. Ces dernières années, Continental a fabriqué avec succès des supports moteur à partir de caoutchouc de pissenlit et a testé cette matière première sur des pneus de véhicules particuliers et d’utilitaires. Ce produit naturel aurait des capacités antivibratoires supérieures à celles du caoutchouc traditionnel.

Le projet Taraxagum de Continental vient d’entrer dans sa phase finale avec l’inauguration à l’automne 2018 d’une unité de production à Anklam, bourgade allemande proche de la frontière polonaise. Coût de cette installation inédite : 35 millions d’euros. Les essais d’extraction doivent démarrer cet hiver après la récolte des pissenlits.

Si l’idée peut paraître saugrenue, l’enjeu économique est important. Continental, qui équipe en première monte un tiers des véhicules neufs en Europe, cherche à se débarrasser des coûteuses plantations d’hévéas tropicales qu’il exploite à travers le monde. La production de caoutchouc sur le sol européen permettrait de réduire les émissions carbone liées aux transports et de maîtriser son approvisionnement. Si les essais sont concluants, la production à grande échelle pourrait démarrer d’ici 2025. L’objectif de Continental est de produire autant de caoutchouc à base de pissenlit que de latex en provenance des plantations  d’hévéas. Le pissenlit passerait ainsi du statut de mauvaise herbe à celui de ressource naturelle.

Source : Continental.