Deux navettes autonomes à Villeneuve d’Ascq

cof

Si vous souhaitez tester un véhicule autonome en condition de circulation, allez faire un tour sur le campus de Villeneuve d’Ascq. Deux navettes y circulent du lundi au vendredi. Elles sont accessibles à tous et c’est gratuit !

Sur le campus de l’université Lille I à Villeneuve d’Ascq, l’avenue Paul Langevin a beau porter le nom d’avenue, elle n’est pas plus large qu’une rue normale, avec sa circulation à double sens, ses nombreux passages piétons surélevés, ses ruelles adjacentes, ses autos mal garées et ses travaux en cours. Une rue normale pour n’importe quel automobiliste, mais un véritable parcours du combattant pour les deux navettes autonomes testées par la MEL (Métropole Européenne de Lille) et Keolis. Depuis le lundi 17 décembre, elles parcourent les 1400 m qui séparent les deux stations de métro Cité Scientifique et 4-Cantons.

Ces véhicules autonomes équipés de capteurs, de caméras, d’un moteur électrique et de 4 roues directrices, peuvent transporter 11 passagers assis. Avec leurs grandes baies vitrées et leurs portes coulissantes, ils ressemblent plus à des cabines de télésiège ou un wagon de métro qu’à des automobiles classiques. Leur vitesse est limitée à 10 km/h, mais d’ordinaire ils sont conçus pour atteindre 40-45 km/h. GPS et capteurs guident leur progression sur un parcours déterminé.

Nous avons pu tester ce nouveau mode de transport qui est en accès libre et gratuit. La navette part toutes les dix minutes de la station de métro 4-Cantons. Le déplacement se fait à petite vitesse avec quelques à-coups dus à l’environnement. Dès qu’une auto passe un peu trop près ou se rabat sans respecter la distance de sécurité, ou qu’un piéton ou un vélo traverse, la navette freine d’un coup sec, puis repart au bout de quelques secondes le temps que le danger s’éloigne. Les passagers ne sont pas seuls à bord. Un opérateur est là pour prendre les commandes en cas de problème, comme la loi l’y oblige. « Quand la navette détecte un obstacle, elle s’arrête mais ne sait pas comment le contourner. A ce moment-là, je repasse en manuel », nous explique l’employé de Transpole qui a une manette de jeu vidéo à sa disposition pour manœuvrer le temps de la remettre dans le droit chemin.

Présentée comme une première, cette expérimentation au milieu de la circulation n’est pas tout à fait nouvelle. Navia, la société lyonnaise qui a conçu les navettes, les teste déjà sur plusieurs sites, comme l’aéroport de Francfort, le quartier Confluences à Lyon ou la Défense à Paris, mais elles se déplacent sur des parcours réservés sans croiser d’autres véhicules. Il n’y a que sur les campus de Rennes (depuis la mi-novembre) et de Villeneuve d’Ascq que les navettes s’insèrent au milieu du trafic. L’objectif est de confronter les navettes à tous les types de problèmes qu’elles pourraient rencontrer : voitures mal garées ou qui se rabattent trop vite, piétons, vélos, travaux, etc. En Bretagne comme dans le Nord, la période de tests est prévue pour durer six mois, avec possibilité de s’étaler sur un an.