Citroën

Troisième constructeur français, Citroën occupe une place à part dans l’histoire de l’automobile. Née de l’ambition d’un entrepreneur visionnaire, la marque aux chevrons a produit des modèles symboliques comme la Traction, la DS et la populaire Deudeuche.

  • Citroën l’ambitieux. André Citroën n’est pas un pionnier. Polytechnicien, il a fait ses débuts en dirigeant une usine de fabrication d’obus pendant la Première Guerre mondiale. A la fin du conflit, impressionné par le développement de l’automobile et la personnalité d’Henry Ford, il se lance en créant sa propre marque en 1919. En un an, il vend 10 000 exemplaires de son premier modèle, la Type A, première voiture française produite en grande série. En 1926, l’usine parisienne du Quai de Javel emploie 31 000 ouvriers et produit 400 véhicules par jour.
  • Publicité à tout-va. Ambitieux, dynamique et innovant, André Citroën fait connaître sa marque en ayant abondamment recours à la publicité et au marketing : expéditions à travers l’Afrique et l’Asie (Croisières noire et jaune), produits dérivés (jouets et plaques émaillées), ouverture des chaines de production au public… Les visiteurs arrivent du monde entier pour visiter le Quai de Javel. Parmi eux l’aviateur Charles Lindberg, qui vient de traverser l’Atlantique et a atterri au Bourget en se repérant grâce à la pub Citroën qui éclaire la Tour Eiffel.
  • Traction et dépendance. En moins de quinze ans, Citroën devient le premier constructeur européen et le n°2 mondial derrière Ford, mais cette progression fulgurante entraine l’entreprise au bord de la faillite. En 1934, elle passe sous le contrôle de Michelin, son principal créancier. André Citroën meurt l’année suivante. Il ne verra pas le succès de la Traction Avant, la « Reine de la route », modèle qui aurait pu assurer l’indépendance de sa société.
  • 5 millions de 2 CV. Après la Seconde Guerre mondiale, Citroën ressort des cartons un projet datant de 1936 et que ses ingénieurs avaient caché sous l’Occupation, la TPV (Toute Petite Voiture) censée transporter 4 personnes et un sac de pommes de terre à 60 km/h. Concurrente directe de la VW Coccinelle, la 2 CV fait son apparition au Salon de l’Auto de 1948. Voiture des hippies et des agriculteurs, elle connaîtra un succès mondial avec 5 millions d’exemplaires produits jusqu’en 1990.
  • La DS cartonne. Présentée en 1955 pour succéder à la Traction Avant, la DS est une véritable révolution dans le monde de l’auto. Avec sa ligne futuriste et sa suspension hydropneumatique, elle rencontre un succès immédiat. Au Salon de l’Auto, elle bat les records de vente avec 12 000 commandes dès le premier jour. Voiture des chefs d’Etat, des élus et des notables de la Ve République, elle sera diffusée à 1,3 million d’exemplaires en l’espace de vingt ans.
  • Dans l’ombre de Peugeot. En 1974, Michelin cède Citroën à Peugeot. Cette union donne naissance au groupe PSA Peugeot Citroën. D’abord simple satellite de Peugeot, Citroën reprend peu à peu son identité avec des véhicules innovants. En 2014, le succès des modèles haut-de-gamme DS3, 4 et 5, inspirés de la mythique DS, donne naissance à la marque prémium DS Automobiles.
  • Champion Sébastien Loeb. Marque familiale, Citroën change d’image au tournant du XIXe siècle grâce au sport automobile et à un pilote d’exception, Sébastien Loeb. Neuf fois champion du monde des rallyes, Loeb a fait l’essentiel de sa carrière au volant des Citroën Saxo, Xsara, C4 et DS3. Dans le même temps, Citroën remporte huit fois le championnat du monde des constructeurs et redevient un constructeur de premier plan.