Véhicule sans chauffeur : coup de frein pour Uber

L’accident mortel survenu le 18 mars à Tempé (Arizona) où une piétonne a été fauchée par un véhicule sans chauffeur a mis un coup de frein à l’expérimentation que mène Uber sur les routes américaines. Dans le match qu’Uber et son concurrent Waymo, ex-Google Car, se livrent ces dernières années sur le marché prometteur des véhicules autonomes, Uber vient de connaître un sérieux revers qui l’a obligé à suspendre ses essais.

Waymo minivan Chrysler

L’accident qui a été filmé par les caméras embarquées montre une femme de 49 ans qui poussait un vélo en train de traverser la chaussée hors des passages piétons. La victime a surgi de l’obscurité juste devant le capot du SUV Volvo XC90 d’Uber. Le véhicule autonome, qui n’a pas su la détecter à temps, l’a percutée sans que l’employé qui se trouvait à bord puisse intervenir. Ces véhicules-test que la firme californienne fait rouler sur les routes américaines sont équipés de caméras, de radars et de lidars (radars laser) censés guider le véhicule au milieu d’obstacles mouvants (autos, vélos, piétons) ou fixes (murs, fossés, trottoirs…) tout en tenant compte des feux tricolores, des carrefours et des priorités.

Une enquête a été lancée pour déterminer les causes exactes de l’accident et l’origine du dysfonctionnement du système de guidage. Même si les cas de ce genre sont rares (en 2016, une Tesla avait percuté un camion que le logiciel Autopilot n’avait pas identifié), le risque subsiste et l’affaire tombe au plus mauvais moment pour Uber. L’Etat d’Arizona lui a interdit de tester ses véhicules sur son territoire. Ce coup d’arrêt à l’expérimentation des véhicules autonomes commencée il y a juste un an dans plusieurs états risque d’avoir des conséquences plus importantes. Uber, qui a commandé 24 000 SUV à Volvo, est en pourparlers avec Toyota et Mercedes pour équiper ces deux marques avec sa technologie.

Volvo Uber car

Depuis plusieurs mois, Uber mettait les bouchées doubles pour rattraper son retard et avait prévu de lancer l’exploitation commerciale des Ubercars dès l’an prochain. La marque teste également des camions semi-remorques sans chauffeur pour transporter des marchandises. Ces camions autonomes parcourent de longues distances, d’un hub à un autre, chargent et déchargent leur cargaison sur place où des camionnettes classiques (avec chauffeur) prennent le relais pour porter les colis à leur destination finale. Par sécurité, les tests d’Uber sont menés avec un chauffeur à bord, mais l’objectif est de faire circuler sur les autoroutes des semi-remorques sans personnel embarqué.

Principal concurrent d’Uber, Waymo (ex-Google car), le pionnier du secteur, teste 600 véhicules autonomes, des monospaces Chrysler Pacifica Hybrid, depuis 2009 et a parcouru 5 millions de miles (3 M de km) en l’espace de huit ans. Un dirigeant de Waymo a profité de l’accident de Tempé pour tacler son rival, laissant entendre que ce ne serait pas arrivé avec l’un de ses véhicules. Waymo n’a pas l’intention de suspendre son programme d’expérimentation et a même obtenu l’autorisation de procéder à des essais sans personne à bord.

Autre poids lourd du secteur, General Motors va venir redistribuer les cartes d’ici peu. GM doit lancer sur ce marché des Chevrolet Bolt électriques, alors qu’en Chine, Baidu (le Google chinois) va pouvoir tester ses BMW autonomes dans la banlieue de Pékin.

 

Source : digitaltrends.com

Photos : Uber et Waymo.